j'essaie encore de comprendre comment ça marche

Ne pas bien voir cligner des yeux pourquoi ? De la buée sur l’objectif ou des pleurs devant la scène

Il y a eu

Des branches encore des branches encore qui se tordent se chevauchent s’entrelacent

Un corps nu mais où ? pas saisi le lieu

Noir et blanc main, robe, jupe, pied, fauteuil : la photo ou les gens saisis en fragment

Fenêtre, encore une pas les mêmes carreaux pas la même demeure petits carrés grands

Un bouton de rose ou deux

Petite main d’enfant blanche ou noir perdu l’instant de saisissement

La chemise à rayure de l’homme un bras seulement le gauche

La coupe au bol oui une coupe au bol datant de quelle année avec des yeux rieurs

Une fenêtre avec rideau, une autre sans rideau, une autre avec des barreaux et encore et encore beaucoup de fenêtres d’ouvertures

Je suis le rideau-tenture qui habille la fenêtre aux vingt carreaux rectangulaires

Je suis un des carreaux de la grande fenêtre qui s’ouvre sur la nature

Je suis la branche de l’arbre qui ne vous dira pas son nom, cherchez

Je suis la cime de l’arbre, qui se laisse deviner dans le lointain.

Je suis l’air qui rentrera dans la pièce qui ne peut être que grande

Je suis le rayon de soleil qui viendra la réchauffer

Je suis le doux vent qui agitera le rideau

Je suis le gazouillis de l’oiseau qui s’essayera à ravir vos oreilles

Je suis là mais laisse s’enfuir mes pensées par la fenêtre

Je suis là où les senteurs du jardin m’enivrent

Je suis là et je ne suis pas là

Je suis là donc j’existe derrière cette fenêtre

Je suis là or personne ne le sait

Je suis là ni là-bas ni ici

Je suis là car j’écris devant la fenêtre.

Quelle est l’énigme de l’été ?

La main qui étreint

Et reste le souvenir d’une rencontre inoubliable

Qui restera gravée dans la mémoire

De tous ceux qui y ont assistée

Mais pour rien au monde la sculptrice qui en a encore les larmes aux yeux

ne s’en séparera.

La main qui caresse

Et apaise

L’enfant qui sourit

Et se souviendra

De la douceur de l’instant

Mais qu’est-elle devenue cette main ? Celle de la maman ou une autre. Examiner de près cette bague… pour essayer de se souvenir.

La main qui ramasse

Et collectionne les coquillages

Et les oubliera

Et les retrouvera bien longtemps après

Couverts de poussière

Mais se rappellera des bas de pantalon mouillés et des fous rires sans fin.

La main qui dresse

Et invite à un moment convivial

Sur cette souche d’arbre devenue table

Mais qui ne se souvient plus de qui était là ce jour de la main qui étreint.

La main qui recueille

Et se mouille de la pluie

Pour s’y abreuver

Ou s’en débarbouiller le visage

Mais n’en aura recueilli que quelques gouttes bien trop minuscules et inutiles.

La main qui ose

Mélanger les genres

Juste pour provoquer

Les quatre personnes présentes

Mais elles n’ont rien compris à cette hardiesse du moment.

La main qui cueille

Et protège la plante qui tuera ou nourrira

Et rejoindra dans l’herbier

Les souvenirs de cette drôle de journée

Mais c’était la dernière de l’été dans la grande maison où jamais plus ils ne reviendraient tous ensemble.

Danielle


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